Le pandan est la feuille verte parfumée des cuisines d’Asie du Sud-Est : le parfum des desserts thaïlandais, des boissons fraîches et du poulet enveloppé de pandan. Son arôme rappelle le riz jasmin, le pop-corn chaud et les feuilles fraîches, avec une douceur évoquant la vanille. Coupé et séché, il donne une infusion pâle sans caféine ; finement moulu, il apporte couleur et parfum aux desserts et boissons.
Nom scientifique
Pandanus amaryllifolius Roxb.
Famille
Pandanaceae (famille des pandans)
Autres noms
En thaï ใบเตย (bai toei, « feuille de pandan ») et เตยหอม (toei hom, « pandan odorant ») ; pandan wangi (malais, indonésien) ; dứa thơm (vietnamien) ; pandan odorant
Origine
Cultivé en Thaïlande. Une plante cultivée depuis très longtemps, probablement originaire des Moluques, dans l’est de l’Indonésie
Feuille — coupée et séchée pour l’infusion, finement moulue pour la poudre. Naturellement sans caféine
Découvrir la plante
Qu’est-ce que le pandan ?
Le pandan est un arbuste tropical de la famille des Pandanaceae. Il forme une touffe dense de longues feuilles étroites et brillantes, disposées en spirale autour d’une tige courte — une disposition qui explique le nom anglais screw pine, « pin en spirale ». Une plante adulte atteint environ 1,2–1,5 m de haut, avec des feuilles pouvant mesurer près de 80 cm.
Parmi toutes les espèces de Pandanus, c’est la seule dont les feuilles sont parfumées.
Il ne fleurit presque jamais : les botanistes ne connaissent qu’un seul spécimen en fleurs, mâle ; les fleurs femelles n’ont jamais été décrites. Le pandan n’a jamais été trouvé à l’état sauvage. Il se multiplie par rejets et boutures, transmis par les humains.
Noué dans le riz
Une feuille nouée, cuite avec du riz nature, lui donne un parfum de riz aromatique — une pratique ancienne d’Asie du Sud-Est.
Eau de pandan
Nam bai toei : des feuilles infusées dans l’eau chaude, puis sucrées et servies froides.
Couleur des desserts
Le jus de pandan colore et parfume des desserts thaïlandais comme le khanom chan, gâteau à étages cuit à la vapeur.
Enveloppes de feuilles
Gai hor bai toei : du poulet mariné, enveloppé de feuilles de pandan et frit.
Petites coupelles pliées
Les feuilles sont pliées et tressées en petites coupelles pour le khanom tako, un entremets recouvert de crème de coco.
Feuilles séchées
Coupées et séchées pour le cha bai toei, l’infusion de pandan ; en Thaïlande, elles parfument aussi l’intérieur des voitures.
Son histoire
Une brève histoire du pandan
Le pandan n’a pas de récit d’origine écrit. Il a voyagé avec les humains ; son histoire vit dans les jardins et les cuisines, puis, depuis les années 1980, dans la science des aliments.
Avant les sources écrites
Transporté par les humains
Le pandan vient probablement des Moluques, les îles aux épices de l’est de l’Indonésie. Il s’est répandu en Asie du Sud-Est et du Sud lorsque les habitants transportaient ses rejets et boutures d’un lieu à l’autre.
Il y a plusieurs siècles
Un pilier de la cuisine thaïlandaise
Les auteurs culinaires thaïlandais font remonter son usage au royaume d’Ayutthaya (1351–1767), bien qu’aucun document relatant son arrivée n’ait subsisté. Ses feuilles parfumaient le riz, les desserts et les boissons fraîches.
1832
Un nom botanique
Le botaniste écossais William Roxburgh publia le nom Pandanus amaryllifolius, « aux feuilles semblables à celles d’une amaryllis », dans Flora Indica, décrivant une plante d’Ambon, dans les Moluques.
1972–1981
Le pandan en ville
À Singapour, le chiffon cake au pandan apparut dans la presse en 1972 ; le poulet au pandan arriva en 1981, lors d’un festival de cuisine thaïlandaise.
1983
La science identifie le parfum
Des scientifiques ont identifié la 2-acétyl-1-pyrroline dans les feuilles de pandan : le même composé aromatique qui parfume le riz odorant. Dix ans plus tard, une étude en Thaïlande confirma ce lien avec le riz jasmin thaïlandais.
En Thaïlande, en Malaisie, à Singapour et en Indonésie, le pandan joue un rôle proche de celui de la vanille dans la pâtisserie européenne : la note douce familière des gâteaux, crèmes et boissons. Ses partenaires naturels sont la noix de coco, le sucre de palme et le riz.
En Thaïlande, il colore et parfume le khanom chan et de nombreux desserts traditionnels, aromatise le nam bai toei et enveloppe le poulet du gai hor bai toei. En Malaisie et à Singapour, il parfume le nasi lemak et le kaya, confiture de coco et d’œufs, et donne sa couleur verte au chiffon cake au pandan.
De la plante au sachet
Cultivé dans l’eau et à l’ombre
Le pandan apprécie l’eau et une ombre légère. En Thaïlande, il pousse le long des fossés et des étangs ; dans les fermes, il est planté sur des planches humides où l’eau circule autour des plantes toute l’année. Comme les théiers destinés au matcha, il est souvent cultivé sous des filets d’ombrage qui atténuent le soleil tropical.
Pandan sous un filet d’ombrage.
Plantation
Dans un sol humide
Les rejets et boutures de plantes plus anciennes sont plantés directement sur les planches humides.
6–7 mois
Première récolte
Les premières feuilles sont prêtes à être coupées six à sept mois après la plantation. Les coupes se poursuivent ensuite chaque mois.
Feuille par feuille
Choisir la feuille
L’arôme évolue avec l’âge de la feuille. Dans une étude de Hainan, en Chine, la 2AP évoquant le riz était plus abondante dans les feuilles les plus jeunes et diminuait avec l’âge, tandis que d’autres composés aromatiques s’accumulaient. Le meilleur équilibre se situait vers la huitième feuille, en comptant depuis la plus jeune.
Après la coupe
Séchage
Le séchage retire environ 80 % de l’eau des feuilles. Les feuilles fraîches sont les plus aromatiques, mais une seconde étude de Hainan a montré que la 2AP restait le principal composé aromatique après sept jours de séchage au soleil, vers 25 °C.
Les signes de qualité
Un vert frais et homogène, non brun ou jaune
Un parfum net de riz jasmin ou de pop-corn à l’ouverture du sachet
Des morceaux coupés proprement ; les bords de coupe et bases de feuilles plus pâles sont naturels
Des morceaux secs et cassants, qui se rompent plutôt que de plier
Aucune odeur de moisi ou d’humidité, aucune tache sombre ni moisissure
Poudre : un vert vif et homogène, une texture fine et douce
Pandan sur des planches alimentées en eau.
Comment notre pandan est séché
La plupart du pandan séché est séché au soleil : c’est plus rapide et limite les moisissures. Notre ferme partenaire en Thaïlande procède autrement : elle récolte des feuilles d’âge intermédiaire sur des plantes à croissance lente et les sèche à l’ombre, à l’abri du soleil direct. Le séchage prend plus de temps, mais les feuilles conservent davantage leur arôme et leur couleur verte fraîche.
La science des arômes
Pourquoi le pandan évoque le riz jasmin
Le parfum du pandan provient d’un mélange de composés volatils : des molécules assez légères pour voyager dans l’air jusqu’au nez. L’une domine : la 2-acétyl-1-pyrroline, ou 2AP, à l’origine du parfum du riz jasmin thaïlandais, du pop-corn et de la croûte de pain. Autour d’elle, des notes vertes, florales et fruitées font du pandan bien plus qu’un « riz dans une feuille ». Dans une analyse, les chercheurs ont identifié 93 composés volatils, dont 43 au-dessus du seuil perceptible par l’odorat humain.
2-Acétyl-1-pyrroline (2AP)
Des notes grillées et douces, comme le pop-corn et le riz jasmin. L’arôme essentiel du pandan, avec l’activité odorante la plus élevée dans les feuilles fraîches, séchées au soleil et lyophilisées.
3-Méthyl-2(5H)-furanone
L’un des composés volatils dominants des feuilles de pandan, rapporté aux côtés de la 2AP dans plusieurs analyses.
Hexanal
Vert et herbacé : la note de feuille fraîchement coupée.
Nonanal
Floral et cireux, une note douce et ronde.
Phénylacétaldéhyde
Floral et miellé, il contribue à l’impression de douceur du pandan.
α-Ionone et β-cyclocitral
Des notes florales et boisées, végétales et fruitées, qui donnent de la profondeur à l’arôme.
Pourquoi le pandan et le riz jasmin se ressemblent au nez
Une même molécule : en 1983, les scientifiques ont trouvé la 2AP dans les feuilles de pandan. C’est le composé qui donne au riz jasmin thaïlandais Khao Dawk Mali 105 son arôme décrit par les chercheurs comme « rappelant le pandan ».
Davantage dans la feuille : les données publiées situent la 2AP des feuilles de pandan autour de 1 partie par million, soit environ dix fois la teneur du riz aromatique.
De la feuille au riz : cuits ensemble, le pandan transmet sa 2AP au riz. Dans une expérience, la 2AP du riz a environ triplé pendant les 15 premières minutes de cuisson, puis commencé à diminuer.
Le pandan est parfois appelé « vanille de l’Orient » : ce surnom décrit son rôle dans les desserts, non sa chimie. Son arôme principal est la 2AP, non la vanilline. En tasse, le pandan séché est plus doux que les feuilles fraîches : du riz et de la feuille verte, avec une douceur ronde évoquant la vanille, sans ajout sucré. C’est notre propre observation à la dégustation.
Saveurs et traditions culinaires
Pandan : saveur et usages culinaires
Riz jasmin
La première impression au nez
Pop-corn chaud
Grillé et doux
Feuille verte
Une fraîcheur herbacée
Évoquant la vanille
Une finale douce et ronde
Feuilles de pandan finement moulues, à côté de la feuille coupée.
Riz jasmin, pop-corn et feuille verte ; douceur évoquant la vanille
Riz jasmin
Oryza sativa, Khao Dawk Mali 105 · Thaïlande
2-Acétyl-1-pyrroline
Riz cuit doux, évoquant le pop-corn
Vanille
Gousses affinées de Vanilla planifolia · orchidée tropicale
Vanilline
Doux, crémeux, balsamique
Kewra
Fleurs mâles de P. odorifer · Asie du Sud
Éther méthylique de 2-phényléthyle
Floral, doux, parfumé
Les profils sont des descriptions culinaires générales, non des mesures.
La poudre en cuisine
La poudre de pandan est la feuille entière finement moulue. Elle entre dans les gâteaux, crèmes, glaces, smoothies et lattes, apportant une couleur verte et l’arôme caractéristique de la feuille.
Au-delà des saveurs
Tradition et recherche
Le pandan est avant tout une saveur, mais il a aussi sa place dans la médecine populaire et la recherche.
Usages traditionnels
Dans la tradition populaire thaïlandaise, la feuille servait à rafraîchir la « chaleur intérieure », étancher la soif, « nourrir le cœur » et favoriser la miction ; l’eau de pandan se buvait contre la fatigue. Les remèdes contre le diabète utilisaient surtout la racine. En Malaisie et à Singapour, l’infusion de feuilles était prise comme boisson apaisante ; des feuilles dans l’huile de coco servaient en friction contre les rhumatismes. Ce sont des usages traditionnels, non des traitements dont l’efficacité est démontrée.
Ce sont des usages traditionnels, et non des traitements dont l’efficacité est démontrée.
Au laboratoire
Dans des études animales, les extraits de racine et de feuille de pandan ont été testés pour leurs effets sur la glycémie et, dans une petite étude chez la souris, sur le délai d’endormissement. Ces travaux utilisent des extraits concentrés, non une tasse d’infusion ; ils ne montrent pas les effets de la consommation de pandan chez l’humain.
Trente adultes en bonne santé ont bu du glucose, puis de l’eau ou une infusion très forte de pandan, plus de dix fois une tasse normale. Le pic de glycémie était plus bas avec le pandan. Cette étude à prise unique n’était ni randomisée ni menée en aveugle.
Treize jeunes adultes ont essayé une boisson au glucose avec et sans 2 g de poudre de pandan, dans un ordre aléatoire. Aucun bénéfice global n’a été observé sur la glycémie, la satiété, la pression artérielle ou le pouls.